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Quand on reçoit le double vainqueur du championnat, invaincu depuis la nuit des temps, la seule inconnue réside a priori dans le mode de cuisson. CHARENTON,
le boulimique, vous dévorera tout cru, à l'étouffée ou savamment mijoté aux petits oignons. Point de place pour le doute, aucune raison de tergiverser: les franciliens ont la culture de
la victoire ancrée au plus profond d'eux mêmes. Accompagnés du noyau dur des irréductibles (parents, amis, potes), les banlieusards transforment les salles de l'hexagone en un vaste
terrain de chasse. Attilas en culotte courte, partout où ils passent, l'espoir ne repousse pas. Oui mais voilà, Faches-Thumesnil est enchanté cette année; nos petits gars ne craignent ni
Dieu, ni Diable en ce jardin. Les voisins de LEVALLOIS auraient dû prévenir les val-de-marnais: le voyage dans le Nord est un enfer. Soleil au zénith, l'onde bouillait dans cette urne
trop pleine, qu'est Jean Zay.
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Ils sont venus, ils sont tous là: les gars de la N1 (ah la perruque flashie de Romain! Couplée avec les lunettes noires, il avait tout d'une grosse
guêpe vrombissant dans l'air saturé), les copains, la fratrie, l'encadrement. Le rideau se lève. Immédiatement, les rouges partent à l'assaut de la peinture avec réussite. La "Saint
Charles" rend coup pour coup. Gêné aux entournures, le coach visiteur abat sa panacée stratégique, la zone 3/2. L'adresse lilloise s'effiloche; le repli défensif parisien, fruit
d'une condition physique parfaite, contient les velléités d'emballement du débat. Chaque rebond tombe dans les mains charentonnaises. Petit à petit, l'oiseau blanc fait son nid. Le
ruisseau déborde de son lit. L'écart se creuse inéxorablement, on flirte avec le moins vingt. Mais fabulous Fab n'a pas dit son dernier mot: au retour des vestiaires, c'est une
bande de "morts de faim" qui se jettent dans la fournaise.
Un pressing étouffant, des contres fulgurants vont détraquer la belle mécanique adverse. La course poursuite tourne à la curée. Une raquette
transformée en coffre fort, l'opposition confie son sort aux tireurs d'élite à l'extérieur. Bien mal lui en prit: l'adresse a changé de camp. Les leurs en berne, ce sont nos
snippers qui font merveille. Les coups de boutoirs en pénétration achèvent le travail de sape. La seconde mi-temps sera un cavalier seul des "CONSTANTINIDES boys". La fièvre
s'empare des spectateurs, une fiesta improvisée parcourt les rangées, le match s'achève dans l'euphorie. La morale de cette belle histoire dominicale, c'est que quand le coeur
s'allie à la raison rien n'est plus impossible. Le 25 mai, célébration de la fête des mères, nos bonhommes défendront leur huit points d'avance sur les bords de la Marne. Quelle
que soit le verdict, ils ont déjà offert un bien beau cadeau à leur maman le 11!
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